Commentaire de Bernard Bertossa

J’ai pris connaissance avec intérêt du projet de rapport du C.I.D.E. que vous avez bien voulu me transmettre. Comme vous le savez, j’ai pour pratique de ne pas commenter des dossiers dont je n’ai pas eu personnellement à connaître dans le cadre de mes fonctions, de telle sorte que je m’abstiendrai d’émettre un avis sur l’une ou l’autre des affaires que ce rapport relate. Sur un plan général, la mise en relation factuelle ou chronologique des crimes évoqués dans le rapport illustre bien, à mon sens, l’absence d’une prise de conscience suffisante, de la part des diverses autorités concernées, de la gravité et de l’importance des comportements délictueux dont les enfants sont les victimes. A cet égard, le rapport pourrait utilement contribuer à encourager les efforts nécessaires pour que cette criminalité soit combattue à son juste niveau et avec sa juste sévérité. Le rapport démontre déjà que l’époque de l’omerta et de l’impunité totales est désormais révolue : non seulement des enquêteurs, des magistrats et des journalistes s’engagent avec courage au secours des enfants, mais on peut relever encore que la loi du silence est désormais abrogée, preuve en soient par exemple les révélations de plus en plus nombreuses concernant les milieux ecclésiastiques, ou encore la création de plus en plus nombreuse d’associations dédiées à la défense des enfants.

Saisissant l’occasion pour vous remercier de votre engagement, je vous adresse, cher Monsieur,  mes meilleures salutations.

Bernard Bertossa

Procureur Général Genève de 1990 à 2002