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26 février – Affaire Séverine : Une mère poursuivie pour non-présentation de son enfant malgré des soupçons graves d’inceste

Le 27 février 2025, le tribunal correctionnel de Grenoble rendra son verdict dans une affaire de non-présentation d’enfant opposant Séverine, une mère de famille, à son ex-compagnon. La mère risque une peine de prison pour avoir refusé de présenter leur fille de trois ans au père, malgré une information judiciaire en cours pour inceste présumé.

Un contexte judiciaire complexe

Séverine justifie son refus de permettre au père de voir leur fille en invoquant le principe de précaution. En effet, le centre d’accueil agréé par l’Aide sociale à l’enfance, censé superviser les visites médiatisées, a indiqué par écrit qu’il ne pouvait garantir ces visites en raison d’un manque de personnel. Cette situation aurait permis au père de sortir librement avec l’enfant, sans aucune surveillance.

Des soupçons d’inceste sous investigation

En avril 2022, Séverine avait porté plainte après avoir découvert, via une caméra cachée dans leur appartement, une scène troublante impliquant le père, leur fille et un objet sexuel. Bien que des éléments matériels aient été saisis (notamment des sex toys portant l’ADN de la fillette), la justice avait initialement classé l’affaire sans suite en octobre 2022. De plus, des scellés cruciaux ont été détruits par la gendarmerie, ce qui a compliqué toute possibilité de recours juridique pour la mère.

Cependant, en septembre 2024, une nouvelle information judiciaire a été ouverte par le procureur pour viol sur mineur et agression sexuelle, indiquant que des « indices graves et concordants » avaient été relevés.

Un procès tendu et des enjeux importants

Lors de l’audience du 20 février 2025, le tribunal a entendu des témoignages de soutien à la mère, y compris celui d’Eva Thomas, première victime d’inceste à avoir témoigné publiquement en France. Malgré ces soutiens, la présidente du tribunal a ordonné un huis clos, et le procureur a requis six mois de prison avec sursis contre Séverine. Le père, de son côté, réclame des dommages et intérêts ainsi que le remboursement de ses frais d’avocat.

Le délibéré à venir pourrait non seulement déterminer l’avenir de Séverine mais aussi soulever des questions sur la protection des enfants en situation de conflit parental complexe.