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6 octobre 2023 : Demande de libération de Priscilla Majani rejetée : la justice continue d’être dans le déni de la parole des victimes

Le juge d’application des peines a annoncé aujourd’hui qu’il avait refusé la demande de libération de Priscilla Majani. La requête a été jugée recevable contrairement à ce qu’estimait le parquet, mais le juge estime «qu’il n’est pas possible d’exclure le risque de soustraction à la justice».

Justice dans le déni

Malgré sa condamnation, Mme Majani continue de revendiquer le fait d’avoir voulu protéger sa fille Camille. Selon son avocate Myriam Guedj Benayoun « cette décision démontre encore que la justice est dans le déni de la parole des victimes et de celle de Camille qui encore une fois a réitéré ses accusations et sa  plainte contre son père en novembre dernier. La justice ne veut pas et ne sait pas reconnaître ses erreurs».

Mère injustement criminalisée

Toujours selon son avocate, « plutôt que de rouvrir l’enquête contre le père de Camille à la lumière des nouveaux éléments recueillis, la justice continue de criminaliser sa mère. Nous sommes déçues et nous tristes pour Priscilla Majani, pour la justice de notre pays et l’image qu’elle donne et également pour tous les parents protecteurs qui mènent ce combat. »

Il y a un mois, son avocate avait soulingé le fait que « sa fille étant protégée et bientôt majeure, Me Majani n’a aucune raison de fuir la justice et elle ne présente aucun risque de récidive et aucune dangerosité. Elle a commis les faits dans un contexte particulier qui n’a plus aucune possibilité de se réaliser de nouveau. »

Appel de cette décision

Me Guedj Benayoun conclut : « Nous ne lâcherons rien, car nous avions raison de dire que le parquet avait tort dans des analyses juridiques ineptes. Et nous allons maintenant relever appel pour contester cette décision. »

 

RAPPEL DES FAITS

Mme Majani a été condamnée à une peine de 2 ans et 9 mois, pour avoir quitté la France et être entrée dans la clandestinité pour soustraire sa fille, Camille, à un père qu’elle accuse depuis 2011 de viol et d’agression sexuelle. Elle a déjà purgé 1 an et 8 mois de sa peine. La Cour d’appel d’Aix en Provence l’avait pourtant relaxée de sa condamnation en première instance pour dénonciation calomnieuse, « estimant qu’elle n’avait pas porté d’accusations mensongères – au sujet des agressions présumées du père, mais au contraire dénoncé les propos de sa fille Camille».

Après être entrée en clandestinité et s’être cachée dans la région de Morges, elle avait été arrêtée à Préverenges en février 2022 lors d’un contrôle fortuit par une patrouille de Police Région Morges puis placée à la prison de Lonay, la fugitive avait été extradée vers la France. Sa fille est désormais majeure.