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(par Jacques Thomet, Correspondant du CIDE)
Le procès du monstre Joël Le Scouarnec, le chirurgien de 74 ans violeur en série de 299 enfants durant trente ans dans des hôpitaux de l’Ouest de la France, débute le 24 février et durera quatre mois à Vannes devant le Cour criminelle du Morbihan. L’accusé encourt une peine de 20 ans de réclusion criminelle.
La France se passerait bien de cette noire publicité quatre mois après le retentissant procès de Mazan (Gard), où Dominique Pélicot a été condamné pour le viol de son épouse Gisèle sous soumission chimique avec cinquante complices.
Une faille de taille suscitera des questions incendiaires pendant les audiences, avec l’absence dans le box des accusés du Conseil de l’ordre de médecins, de l’ancien ministre de la Santé, de maires locaux et d’autres. Ils avaient tous été avertis depuis 2005 des dérives du chirurgien, selon les sources du CIDE.
300 journalistes et 65 avocats sont attendus dans le prétoire, aménagé depuis deux ans dans l’enceinte de l’ancienne faculté de droit pour un coût de trois millions d’euros investis par l’Etat.
Joël Le Scouarnec est en prison depuis 2017 après sa détention à Jonzac (Charente-Maritime) pour le viol aggravé dans une dizaine d’hôpitaux de 350 enfants alités ou en phase de réveil. 51 d’entre eux n’ont pu se porter partie civile pour prescription de leurs cas. Un autre mystère n’a pas été élucidé : son arrestation en 2017 n’a été connue qu’à la fin de 2019.
« Tout en fumant ma cigarette du matin, j’ai réfléchi au fait que je suis un grand pervers. Je suis à la fois exhibitionniste, voyeur, sadique, masochiste, scatologique, fétichiste, pédophile. Et j’en suis très heureux », écrivait-il le 10 avril 2004 dans son « journal intime », sous le titre : « Ma bite ». Il filmait ses exactions, et les relatait chaque soir dans ce carnet. Malgré une condamnation en 2005 à quatre mois de prison avec sursis pour recel d’images pédopornographiques, il avait pu poursuivre ses méfaits sans sanction ni radiation.
Le signalement lancé contre lui en 2006 par un psychiatre de l’hôpital de Quimperlé, responsable du comité d’établissement, restera sans conséquences. L’Ordre des médecins du Finistère est informé. Ce dernier convoque Joël Le Scouarnec le 22 novembre 2006, prévient le Conseil régional de l’ordre des médecins et la Ddass (direction départementale des affaires sanitaires et sociales, devenue d’Aide sociale à l’enfance). Rien ne se passe. Le psychiatre contacte le maire de Quimperlé, Daniel Le Bras, anesthésiste à l’hôpital. Le Scouarnec n’est toujours pas inquiété. Toutes ces informations ont été vérifiées par le CIDE auprès de sources hospitalières.
À l’hôpital de Jonzac, le chirurgien a exercé de 2008 à 2017. La directrice de l’établissement avait pourtant été informée de sa précédente condamnation. Au ministère de la Santé, une note blanche publiée par France Info en 2023 a révélé que le pouvoir n’a rien fait à la même époque : « la connaissance par l’administration de la condamnation du chirurgien aurait certainement justifié qu’elle ne procède pas à sa nomination » mais il paraît « difficile d’envisager d’annuler la nomination de ce praticien ». Ce serait, dit l’auteur, « une option lourde à mettre en œuvre et dont le résultat n’est pas certain ». La note rappelle aussi « les bonnes appréciations portées sur [son] travail ». Alors contacté, le ministre de la Santé de l’époque Xavier Bertrand avait affirmé, par le biais de son entourage, n’avoir jamais eu vent de l’existence de cette note blanche ni d’aucun signalement concernant Le Scouarnec.
Cette cécité face à un criminel en série lui a permis de violer 69 victimes supplémentaires depuis sa condamnation en 2005, selon France Info. Le bourreau d’enfants malades sera finalement capturé en 2017 grâce à la dénonciation d’une fillette de 6 ans, sa voisine à Jonzac. Elle avait révélé son viol à ses parents. Le Scouarnec avait alors été condamné à 15 ans de réclusion criminelle pour ce crime, commis également à l’époque sur trois autres mineurs, dont deux de ses nièces.
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