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La réaction n’a pas tardé après l’annonce du gouvernement français d’écarter sa figure de proue, le juge Édouard Durand de la présidence de la Ciivise, Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants. L’annonce de son remplacement par l’ex-rugbyman Sébastien Boueilh, déjà membre de la commission, a provoqué la démission de 11 de ses 25 membres en guise de protestation. Ils ont « l’impression qu’on cherche à mettre un couvercle sur la libération de la parole que la Ciivise a entraînée ». Le CIDE est choqué par cette mise à l’écart du juge Durand et soutient les démissionnaires. Cette éviction discrédite la démarche du gouvernement français.
Dans leur communiqué, relayé par l’agence France-Presse, les membres démissionnaires écrivent : «Nous déplorons que les deux coprésidents (le juge des enfants Durand et Nathalie Mathieu) n’aient pas été préalablement informés ni du maintien de la Ciivise ni de la nomination (à sa tête) de Sébastien Boueilh, et donc de l’éviction d’Édouard Durand». Ils ajoutent qu’ils dénoncent ce silence en réponse leurs sollicitations «d’autant plus au regard de notre mission qui visait à “briser le silence».
Courrier resté sans réponse
Ces membres de la CIIVISE rappellent qu’ils avaient demandé par courrier le 10 novembre à le secrétaire d’Etat Charlotte Caubel «le maintien de la Ciivise avec Édouard Durand» à sa tête. Ils déplorent le fait qu’aucune réponse ne leurs a été apportée : « C’est d’ailleurs par voie de presse que nous avons appris le maintien de la commission le 19 novembre», regrettent les signataires, dont les psychiatres Muriel Salmona et Karen Sadlier, les fondateurs d’associations de victimes Arnaud Gallais et Laurent Boyet ou encore Eva Thomas, l’une des premières personnes à avoir témoigné publiquement de l’inceste dont elle a été victime.
Couvercle sur la libération de la parole
«On a l’impression qu’on cherche à mettre un couvercle sur la libération de la parole que la Ciivise a entraînée», a indiqué jeudi soir à l’AFP Laurent Boyet. «Nous craignons que cela marque un affaiblissement de la lutte contre l’inceste, qui n’est plus au cœur de la feuille de route de la Ciivise», a indiqué de son coté Muriel Salmona. Elle relève que Caroline Rey-Salmon, pédiatre et experte judiciaire, nommée vice-présidente de la Ciivise lundi, «s’était opposée à une préconisation phare de la Ciivise : rendre obligatoire le signalement par les médecins».
Le gouvernement perd de son crédit
Voilà qui éclaire sous un autre angle les intentions du gouvernement suite à la publication édifiant du rapport de la Ciivise. Les associations actives dans ce domaine plaidaient en faveur du maintien du juge Edouard Durand, apprécié notamment pour son indépendance et son franc-parler. Son aura médiatique et ses critiques répétées sur les dysfonctionnements du traitement judiciaire des violences sexuelles agaçaient. La décision peut-être qualifiée de camouflet dans la mesure où la Ciivise, sous l’égide d’Édouard Durand a accompli un travail exceptionnel par son ambition et son ampleur. Le gouvernement fait fausse route. Par cette décision, il perd une grande partie de la crédibilité qu’il avait gagnée en prolongeant le mandat de la Ciivise.
Source : Agence France-Presse
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